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Poémes courts

Reza Farmand

 

poèmes choisis

 

Traduit du Persain

 

Trado:G.J 1993

1

Mon « non »

N’est pas moins saint que Dieu

Quand l’Instant

Ne me libère pas

Quelques intsants que ce soit!

 

2

Je viens d’une pays

Où « question »

Vit clandestinement

Et où « non »

Est condamné à mort.

 

3

Dans mon pays

On arrache « non »

Du silence même

Et on le dissout

Dans l’acide du « oui ».

 

4

« Non » est le plus saint

Le poids de sa vérité

Peut parfois peser plus lourd

Que le « oui » d’une nation.

 

5

Quand il deviendra coutumier

De dire « non »

La lumière du Mot

Brillera jusqu’à la cité

Alors,

Dieu même deviendra modeste!

 

6

Entouré de mort

J’ai ouvert

La petite fontaine de mon coeur

Sur le champ sans clôtures du Mot.

 

7

Les champs du futur

Sont couverts de graines de mots.

Désormais!

Le champ de ma poésie

Oh...!

 

8

Pendant le cérémonie d’anniversaire du mond

Aucune étoile

Ne sera bien loin!

 

9

La poésie

Est un prodigieux phénomène

Empli d’amour et de mort

Il obéit à ton regard

Mais pas au tourbillon de monde.

 

 

10

La vie

Mélange le Mot

Avec le secret

De telle sorte

Que nous ne croyons pas jamais à la mort !

 

11

De la voile et de l’aboiement du Mot

Je tisse un immence tapis

Avec des motifs d’étoiles.

 

12

Un jour

Avec l’hameçon du Mot

Nous pêcherons

Sur l’océan du temps

Le grand poisson mystériex du monde.

 

13

Rejeter l’eau...!

Je dois devenir pur.

 

14

La patience

Est une plage

Au-delà de l’amour

Et de l’étoile.

La vague soudaine des événements

Ne peut l’humidifier.

 

15

La joie

Est un ballon invisible

Qui grandit, grandit, grandit

Et

Emporte le monde avec lui.

 

16

Les bras immenses du monde

Brissent constemment

La chaine de mes mots.

 

17

Le milieu

Est un ruisseau

Qui coule

-Calme et caché-

Dedans des profondeurs de chaque mot.

 

18

J’ai allumé ma poèsie

Désormais,

Je brille partout.

 

19

De temps à autres

Ma solitude

Appelle ta présence

Toi

Qui disparais

Entre moi et le Mot.

 

20

Dans la femme

Une image de l’éternité

Tombe

Dans le miroir de la joie.

 

21

Libère-moi de ton regard!

Libère-moi de ton voix!

Libère-moi de ton comportement!

Laisse-moi couler

Vers toi!

 

22

Attention!

A moins que tu ne te donnes

Tout entier à te semer

Dans le champs du Mot

Tu ne croîtras pas!

 

23

Laisse-moi t’emmener

Par le chemin sûr de la sensualité

Jusq’à un asile sans danger.

La memoire

N’est-elle pas un endroit paisible?

 

24

Je plante un arbre

Avec le Mot

Dans ma vie.

 

25

Cela fait longtemps

Que je suis passé

Par l’ « acceuil ».

Désormais

Je ne peux pas plus distinguer

La mort

De l’ombre des spectres.

 

26

Le Mot

Me traverse parfois

Comme un flux

Quand j’ouvre les yeux

Je me rends compte que je suis

Dans une loitaine et distincte

Partie de moi-même.

 

27

C’est comme si mon corps

A été tiré

De la bouche d’un dinosaure

Je suis mort de fatigue.

 

28

Quand j’arriverai à mon but

Il disparaîtra en moi.

Mon désir

Est débordé.

 

 

29

Dans les festivités

Euh!

Combien petite

Combien horrible devient la joie!

 

30

Une goutte

De la ciguë de la mort

Est toujours tombée

Dans le vin de ma joie

Et ma révélation.

 

31

Le calendrier

Est un océan silencieux

Et réservé.

One entend le roulement de sa vague

Seulement au moment

Où il engloutit

Le vaisseau de l’année.

 

32

L’accident

M’a laissé seul et silencieux.

Oh...

Qui peut dire quelque chose

De plus grand que désormais.

J’ai perdu le chemin du Mot.

 

33

A Noël

La solitiude

Devient si dense

Que son poids

Nous entraîne

Profondément dans les souvenires.

 

34

Tu ne connais pas le temps.

Tu n’as pas venu aux siècles.

Tu n’as pas marché au bord de la vie

Tu ne connaîs pas cet instant!

Ce moment que nous entraîne lentement

Tu ne connaîs pas cet intstant!

 

35

Je susi perdu

Dans des rêves sans clôtures.

Avec toi

Ou

Sans toi

Je suis seul.

 

36

Combien prodigieux est l’instant!

Il est lourd

Comme le monde

Et léger

Comme l’amnésie.

 

37

Fortement je criai:

C’est moi qui suis saint!

Et le Mot

Le Dieu des Dieux!

Désormais je sens

Que je suis plus limpide

Que je suis plus beau.

 

38

Chaque fois

Que je scrute ma vie

Je me rends compte que

Je n’ai pas bougé

Si ce n’est dans le Mot.
Mon pas

N’est nulle part

Si ce n’est pas dans le Mot.

Je devrais chérir la poésie!

 

39

Ecrivons!

Ecrivons! Ecrivons!

Jusqu’à ce que l’air de la cité

Devienne parfumé du Mot.

 

 

Copenhaque, 1991

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